La question de leur légitimité peut ainsi être envisagée sous deux angles distincts. L’historien recherche la continuité et les preuves ; le pratiquant peut reconnaître la légitimité d’une tradition dans son acceptation par une communauté, dans sa cohérence et dans ce qu’elle permet à chacun d’éprouver et de construire.

Une grande partie du néodruidisme moderne s’inspire des traditions insulaires, principalement irlandaises, galloises et britanniques. Mythes, récits médiévaux, cycles héroïques et traditions littéraires y constituent un matériau particulièrement riche pour penser les valeurs, les épreuves et les relations entre l’être humain, la société, la nature et l’Autre Monde.

QUELLE FILIATION ?

LEURS APPORTS ?

Ces traditions insulaires permettent donc d’interpréter et de construire une certaine représentation du druidisme. Elles conservent des éléments issus de cultures celtiques, mais leur mise par écrit est médiévale et intervient dans des sociétés christianisées : elles ne constituent donc pas, à elles seules, la preuve d’une transmission directe du druidisme antique.

Une autre voie consiste à comprendre partir de l’Antiquité elle-même. L’archéologie, les études historiques, linguistiques et religieuses, ainsi que, avec les précautions nécessaires, les témoignages des auteurs grecs et romains, permettent progressivement de mieux comprendre les sociétés celtiques continentales, leurs pratiques religieuses et la place qu’y occupaient les druides.

QUELLES SOURCES ?

Ces sources ne permettent pas de reconstituer un enseignement druidique complet. Elles permettent cependant de faire apparaître certains principes : rôle de la connaissance, importance de la parole, rapports entre individus et communauté, réciprocité, règle, responsabilité, rapport aux dieux, au territoire, aux cycles et aux équilibres dont dépend la société.