
Les Dieux, les Déesses et les divinités du sud de la Gaule
Un paysage religieux différent du reste de la Gaule
Parler des « dieux gaulois du Sud » demande quelques précautions, pour affiner notre connaissance de ces cultes simmplement parce que la situation méridionale est particulièrement complexe.
Le Sud de la Gaule ne constitue pas un ensemble culturel uniforme. Il comprend la vallée du Rhône, les Alpes occidentales, la Provence, le Languedoc, les Cévennes, le sud du Massif central, l’Aquitaine et les Pyrénées. Ces territoires étaient occupés par de nombreux peuples possédant leurs propres traditions religieuses. À cela s’ajoutent, sur le littoral méditerranéen, des contacts très anciens avec les Grecs, puis une romanisation précoce de la Gaule Narbonnaise.

Il serait donc trompeur d’imaginer un « panthéon du Sud » commun à l’ensemble de ces populations. Epona, Teutates, Belisama, Sucellus et Taranis sont vénérés et côtoient les autres divinités.
La documentation archéologique révèle au contraire une religion fortement territorialisée. Une divinité peut être attachée à une cité, un oppidum, une montagne, une vallée ou une source. Son aire cultuelle peut parfois être extrêmement réduite.
Cette particularité est essentielle. Dans le Sud-Est, les recherches sur les anciens oppida montrent que certains sanctuaires gallo-romains furent installés sur des habitats fortifiés abandonnés de l’âge du Fer. Mais l’archéologie ne permet pas nécessairement de démontrer que le sanctuaire existait avant la conquête. Il faut donc distinguer la présence certaine d’une divinité indigène à l’époque gallo-romaine de l’hypothèse d’un culte remontant à la Gaule indépendante.
La romanisation complique encore la lecture. Certaines divinités indigènes conservent leur nom ; d’autres sont associées à Mars, Mercure ou Apollon. Derrière un Mars méridional peut ainsi se trouver une puissance protectrice indigène dont le nom a parfois disparu. L’épigraphie montre d’ailleurs l’importance particulière de Mars et des divinités indigènes assimilées à Mars dans certaines parties de la Narbonnaise.
Enfin, il faut isoler le cas de l’Aquitaine et des Pyrénées. De très nombreuses divinités y sont attestées, mais toutes ne peuvent pas être qualifiées de « celtiques ». Certaines appartiennent probablement au substrat aquitain, linguistiquement et culturellement distinct. Les inscriptions pyrénéennes montrent notamment une extraordinaire multiplication de divinités attachées aux sources, montagnes, vallées et territoires.
Il faut donc distinguer trois catégories :
les divinités indigènes clairement attestées dans le Sud celtique ; les divinités indigènes gallo-romaines dont l’origine préromaine reste probable ou possible ; les divinités aquitano-pyrénéennes, indigènes mais pas nécessairement celtiques.
Les divinités aquitano-pyrénéennes : un ensemble à distinguer
En arrivant dans les Pyrénées centrales et occidentales, la situation change profondément.
Les inscriptions y révèlent une quantité exceptionnelle de théonymes locaux. Beaucoup correspondent manifestement à une source, une montagne, une vallée ou un territoire. Cette religion est donc extrêmement enracinée dans la géographie.
Mais qualifier automatiquement ces dieux de « celtiques » serait une erreur. Une partie importante appartient probablement au substrat aquitain, différent linguistiquement du gaulois.
Ils appartiennent bien à la religion indigène de la Gaule romaine, mais pas nécessairement à la religion celtique gauloise.
Une autre conception du divin apparaît dans le Sud
Plus on descend vers le Sud et particulièrement vers les Pyrénées, moins il est pertinent de rechercher uniquement quelques « grands dieux gaulois ».
On rencontre au contraire une multitude de puissances attachées à un lieu :
La divinité n’est donc pas nécessairement conçue comme une puissance universelle gouvernant une fonction abstraite. Elle peut être la puissance d’une source, d’une montagne, d’un oppidum, d’une vallée ou d’une communauté humaine.
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