
Dieux, Déesses et divinités insulaires
Une distinction s’impose lorsqu’on évoque les divinités dites « celtiques » des îles Britanniques.
Certaines, comme Sulis, Nodens, Brigantia ou Cocidius, sont réellement attestées durant l’Antiquité par l’archéologie et l’épigraphie de la Bretagne romaine. Leur appartenance au monde religieux celtique antique repose donc sur des témoignages contemporains.
Il en va autrement de Lugh, Dagda, Morrígan, Rhiannon, Lleu ou Gwydion. Ces personnages nous sont principalement connus par des textes irlandais et gallois médiévaux, rédigés dans des sociétés christianisées plusieurs siècles après la disparition des religions celtiques antiques. Ces récits peuvent conserver des traditions anciennes, mais il est souvent impossible de déterminer ce qui appartient effectivement au fonds préchrétien et ce qui résulte de siècles de transmission et de recomposition.
Le décalage est donc considérable. D’un côté, les dieux celtiques antiques, connus par des inscriptions, des sanctuaires, des sculptures, des ex-voto et quelques témoignages contemporains ; de l’autre, des personnages mythologiques insulaires, connus principalement par une littérature médiévale beaucoup plus tardive.
Or le néodruidisme moderne s’est largement construit à partir de ce second ensemble, particulièrement des traditions irlandaises et galloises. Par un glissement progressif, leurs récits, leurs personnages et leurs fêtes ont souvent fini par être présentés comme représentatifs de l’ensemble de la religion celtique.
Cette assimilation doit être corrigée. La mythologie irlandaise médiévale appartient pleinement à l’histoire culturelle de l’Irlande, mais elle ne constitue pas à elle seule la religion des Celtes. Elle peut éclairer certains héritages anciens ; elle ne permet pas de reconstruire directement les croyances des Gaulois qui vivaient sur le continent près d’un millénaire auparavant.
Être rigoureux, c’est donc distinguer ce qui est antique et attesté, ce qui est médiéval et transmis, et ce que le néo druidisme moderne a ensuite reconstruit bien que leur connaissance apporte de nombreux éclairages sur les dieux Celtes méconnus.
